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Silérêves, se tirer dans le dos ou se tirer du dodo ?
Silérêves, se tirer dans le dos ou se tirer du dodo ? |
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Il peut paraître extravagant de commencer un disque par trois plages lentes et assez noires. Mais tel a été le souhait de Silérêves qui rend sa dernière copie intitulée énigmatiquement « Flat snakes und chocolates ».
En pied de nez et non en pied de disque puisqu'elle est placée en première plage une « cheap song » complètement désaccordée. Fallait oser dans un monde où l'oreille de l'auditeur lambda est nécessairement formatée. Mais Silérêves est un esprit libre qui se contrefout carrément de vendre un cd de plus ou de moins, de séduire un auditeur de moins ou de faire fuir quiconque. Il faut une bonne dose d'ouverture d'esprit pour continuer l'écoute de ce disque au-delà des trois premiers titres car l'atmosphère y est assez plombée. Siléreves s'est jadis illustré dans l'écriture et la réalisation d'émissions de radio intitulées le Lab de Silérêves où il laissait partir son imaginaire dans tous les sens le long d'un fil conducteur qui faisait parfois des pelotes à droite ou à gauche. Ce Silérêves là est bougrement intéressant. Nous l'avons retrouvé sur ce nouvel album qui part dans tout un tas de directions et s'écoute comme une expérience sensorielle rare. Ne cherchons pas dans « ces serpents plats et ces chocolats » quelque chose que nous connaissons ailleurs comme des chansons charmeuses. L'idée de charmer, il y a bien longtemps que Silérêves lui a tordu le cou, il s'agit plutôt ici d'un charme que romprait Silérêves qui perdrait ainsi ses illusions pour entrer non pas dans la cinquième dimension mais dans la dimension Silérêves. De quoi est faite cette dimension ? Dressons-en le portrait, portrait craché, le spitting image du monde de Silérêves.
Il y est question de problèmes existentialistes, de la vie, de la mort, de la religion qui y est évoquée par l'orgue d'église, ses allusions à Jésus entre autres. Bien sûr le sens de la vie est une question essentielle de ce disque, voir le titre Train-train, plus enlevé. D'ailleurs quand les tempos s'accélèrent, Silérêves se fait plus joyeux (« SL-Hymn », « Talahim.. ») et donc plus abordable. Son approche de la musique cousine parfois avec ce qu'on appelle « musique contemporaine » avec ses cellules se répétant, le jeu sur les sons ou notes accordées ou en accordage libre, ses télescopages sonores. Silérêves joue à nous désorienter, même quand il parodie la musique électronique dans les derniers titres de l'album ou quand il sabote les titres qui ressembleraient le plus à des chansons (« pipeau song » ou « cheap song ») en remettant en cause notre LA 440 étalon. Il ose cette jolie phrase : « La vie t'a tiré dans le dos, la vie t'a tiré du dodo ». Elle résume finalement assez bien ce « falt snakes und chocolates » : il nous tire dans le dos et nous tire du dodo. Silereves www.myspace.com/silereves : 07/05/2008 |
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