ACTUALITÉS
sports
Chamakh, Lion Girondin devenu prince marocain
Chamakh, Lion Girondin devenu prince marocain |
|
|
|
Raphaël PERRY : Attaquant généreux et combatif à Bordeaux (L1), Marouane Chamakh jouit d'une vraie réputation de star au Maroc, pays de ses parents, depuis qu'il choisi en 2003 de défendre les couleurs des Lions de l'Atlas, adversaires de la France vendredi en match amical au Stade de France.
Des décisions, parfois, changent un homme. Chamakh dit repenser souvent à ce mois de juillet 2003: international français des moins de 19 ans convoqué pour l'Euro de la catégorie après 9 apparitions en L1, il choisit alors de prendre le chemin inverse de celui de ses parents. "Le Maroc m'a convoqué pour les A, j'avais forcément plus de chance de jouer qu'avec la France où il fallait que je fasse encore mes classes, rappelle-t-il. Sincèrement, j'ai hésité pendant un mois et j'ai choisi, tout seul. Ma famille m'a vraiment laissé le choix, c'est ce que j'ai aimé". Ses premiers pas africains se déroulent comme dans un rêve: finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2004, élu meilleur joueur marocain cette année-là, le pays s'éprend de ce grand joueur un peu frêle (1,85 m, 70 kg) né à Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne, et arrivé aux Girondins à 16 ans. Bonne éducation "Même si je suis perçu comme un natif de France, et qu'à mes débuts je ne savais pas trop parler l'arabe, cela leur a fait plaisir qu'un Franco-Marocain joue pour le Maroc", reconnaît +Chameau+ (son surnom), 23 ans. Plaisir aussi pour le père, ancien footballeur dont "j'ai essayé de suivre les traces", et la famille dont il loue "l'éducation" prodiguée, et qu'il va voir dès que le calendrier lui permet. Histoire de se ressourcer autour d'un couscous familial, auprès des premiers éducateurs, des amis d'enfance. Révélation de l'attaque girondine sous l'ère Michel Pavon (38 matches, 16 buts en 2004-05), dans l'œil de l'Olympique lyonnais à l'été 2005, la popularité de Chamakh a grandi outre-Méditerranée à mesure qu'il enfilait les buts en sélection (11 en 28 capes), qu'il affolait la presse spécialisée par des passages éclairs au royaume, qu'il répondait aux sollicitations. "J'essaye d'y aller de temps en temps, les gens ont vraiment une culture football". Quasi-ambassadeur, Marouane assume ce nouveau statut de star. "Je reste moi-même, le plus accessible possible, j'essaye de refuser le moins possible les signatures, les photos car moi aussi j'ai été fan quand j'étais gamin", déclare ce jeune homme d'abord facile, au sourire de gendre idéal. Générosité Récemment, il fut convié avec le Nancéien Youssef Hadji à un dîner à Marrakech donné par le roi Mohammed VI, lors de la visite du président Nicolas Sarkozy. "C'est une reconnaissance, même si j'étais un peu gêné par rapport aux autres joueurs qui n'étaient pas invités", glisse-t-il. "La plus grande qualité de Marouane, c'est sa générosité, explique le défenseur Marc Planus. C'est un mec sur qui on peut compter. Vous allez à la guerre, c'est le premier joueur que vous mettez dans l'avion pour partir avec vous. Il a cette mentalité-là, il ne doute pas, n'a jamais baissé la tête. Et je sais qu'il ne changera pas". France-Maroc le fait sourire. "Cela fait longtemps que j'attendais ce match. Pour moi, c'est un peu particulier: je suis né ici, j'ai la double nationalité. Je sais qu'au Maroc, ils ne parlent plus que de ça. J'espère simplement qu'il n'y aura pas d'incidents comme contre l'Algérie en 2001 (match arrêté après envahissement du terrain). C'est à nous, joueurs, de lancer des messages pour calmer tout le monde. Cela doit rester une fête". Posted originally: 11/15/2007 |
| < Précédent | Suivant > |
|---|